Photos/ Le Rif marocain d’antan

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Guerriers rifains pendant la guerre du Rif, entre 1921 et 1926.
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En pays Gzenaïa, un groupe de danseuses au tambourin. Entre 1934 et 1939. © Jean Besancenot

 

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En pays Gzenaïa, danseuses avec leurs bijoux de tête. C’est un système de fines chaînettes d’argent fixé sur larrière de la tête par un crochet et maintenant sur les côtés d’importantes boucles d’oreilles ornées de perles de corail et de pendeloques. Les colliers de perles multicolores sont un additif aux bijoux d’argent classiques. Entre 1934 et 1939. © Jean Besancenot

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Photos/ Les Aurès entre 1935 et la fin des années 50

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Femme des Ouled Mansour allant à la source, septembre 1937 © Thérèse Rivière

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Femme portant un tatouage sur le front et du henné sur les sourcils, oued Taga, population Ouled Abdi, août 1937 © Thérèse Rivière
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Grand vieux, 1935 © Germaine Tillion

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Sahara algérien : aux origines d’une vision binaire du pays

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Article en collaboration avec Inès Ali, étudiante en recherche à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, spécialisée sur la zone du Sahara.

 

Cet été, sous une canicule spectaculaire, plusieurs wilayas du sud de l’Algérie ont manifesté leur indignation sur plusieurs plans.

À Ouargla, dès juillet des militants se sont organisés afin de boycotter les soirées musicales, dénonçant le manque d’infrastructures ainsi que la mauvaise condition des habitants et en particulier des chômeurs. En septembre, les décès d’une enseignante universitaire, Aïcha Aouissat, et d’un enfant de cinq ans, Bensayeh Abderrahim, suite à des piqûres de scorpion, font remonter le souvenir de promesses non tenues. Le ministre de la santé Mokhtar Hasbellaoui réagit maladroitement en déclarant que « Le scorpion fait du mal à l’Homme lorsqu’il se sent menacé ». Cette citation amplifie l’indignation des habitants et des concernés. Plusieurs militants Ouarglis réclament un « développement global », rejoints par des manifestants originaires de Ain Salah, Touggourt, Illizi et Hassi Messaoud.

Le 18 août dernier à Djanet, dans la wilaya d’Illizi, un jeune est tué par l’Armée Nationale Populaire (ANP), accusé d’être un contrebandier refusant de coopérer. L’absence de justifications claires interpelle la population de l’oasis, qui décide de manifester les 18 et 19 août. Deux manifestants sont tués et, une énième fois, les explications des autorités ne convainquent pas la population locale. La réunion qui s’en suit entre les nobles des quartiers de Djanet et les représentants du ministère de l’intérieur, font ressurgir de vieilles rancoeurs.

À In Salah, située dans la wilaya de Tamanrasset et connue pour ses activistes luttant contre le gaz de schiste, les chômeurs ont investi les rues ce mois de septembre. Ils dénoncent la hausse du chômage, le gel d’offres d’emploi ainsi que le manque de transparence dans le processus de recrutement.

Outre cela, la ville d’In Guezzam, située à la frontière du Niger, a subit de fortes inondations ce mois d’août. Ces intempéries ont causés de nombreux dégâts, isolant la ville du reste de la région, et renforçant le sentiment de marginalisation de ses habitants. 

Certains quartiers de Tamanrasset, pourtant chef-lieu de la wilaya, sont également atteints par ces intempéries. Secoués, l’hiver dernier, par le chef traditionnel Ahmed Edaber accusant à la marginalisation de la région, cet été les habitants de la capitale du Sud subissent aussi une épidémie. D’origine inexpliquée, la maladie relance le débat du manque d’infrastructures et de l’accessibilité à l’eau potable.

L’ensemble de ces revendications ont rythmé l’été du Sahara algérien. Cette situation n’est pas exceptionnelle et, à plusieurs reprises, nombreuses ont été les villes sahariennes qui ont dû user d’émeutes, voire de luttes armées. La récurrence de ces événement soulève un malaise profond que la population saharienne reproché directement à l’État. L’histoire explique la naissance de ces ressentis, dont le sentiment d’une Algérie divisée en deux parties, dont l’une ne serait que le sous-sol d’un pays plus « légitime » : le littoral.

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Communautarisme ou mixité ?

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Illustration : Owen Gent.

La notion de « communauté » a été une des préoccupations majeures des sociologues du XIXème et XXème siècle. Tönnies, par exemple, développe dans son ouvrage Gemeinschaft und Gesellschaft en 1887 l’opposition entre deux types d’associations d’humains qui coexistent dans les sociétés modernes. Selon lui, on distingue la communauté (Gemeinschaft) de la société (Gesellschaft), l’une étant vue comme l’association basée sur la solidarité, la proximité et les relations affectives, alors que la seconde aurait plutôt un substrat formel, intéressé, presque contractuel, et dénoué du caractère affectif mentionné précédemment. On retrouve cette dichotomie chez plusieurs autres auteurs, de manière différente. Ainsi, Martin BUBER distinguera la communauté de sang à la communauté choisie, DURKHEIM la solidarité mécanique de la solidarité organique, etc.

L’universalisme, marque de progrès ?

L’universalisme est lié à la notion de société, avec le subtrat formel, intéressé, contractuel développé plus haut.
C’est l’idéologie libérale qui relie individualisme, à l’universalisme, à la neutralité de l’État, à la priorité du droit et du juste sur le bien. L’avènement de l’état-nation, modèle de base suivi par la quasi intégralité des états modernes, a entrainé le déclin du fait communautaire. Ce dernier est la conséquence de la naissance de la société des individus, un modèle de représentation s’opposant à celui de communauté. Le communautarisme aujourd’hui est vu comme archaïque, dépassé, au regard de l’émergence de nouveaux types de regroupements humains, plutôt basés sur un fondement contractuel, volontaire, issus de comportements individualistes, rationnels, et sur la quête du gain et des intérêts individuels, plutôt que collectifs. De nos jours, surtout dans les pays occidentaux qui suivent pour la plupart ce modèle de regroupements humains, bon nombre de personnes s’accordent pour dire que le communautarisme est archaïque, dépassé, voire même qu’il constitue une menace, un danger, et est intrinsèquement négatif, nocif.

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