#MaghrebAuFéminin Hafsa Bint al Hajj

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The Moor with the Beads de Jan Tysiewicz (1853)

 

Hafsa Bint al-Hajj dite « Al-Rakuniyya »

Considérée par beaucoup comme la poétesse andalouse la plus réputée de son époque, au même titre que Wallada bint al-Mustakfi et Nazhun bint al-Qila’i, on ne sait que peu de choses sur elle, bien que sa biographie soit moins obscure que celles des autres poétesses andalouses et maghrébines de son époque. Les informations à son sujet augmentent à mesure qu’elle prend de l’âge et qu’elle se lie à certaines personnes, se retrouve dans certains lieux. Les détails explosent notamment à l’aune de l’établissement de la dynastie almohade en 1154, aux débuts de sa relation avec Abu Ja’far, poète aristocrate grenadin et fils d’Abd al-Malik, seigneur de Qalaat Bani Said (ville au nord-ouest de Grenade).

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#MaghrebAuFéminin Zinab Tanfzawit

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Zinab Tanfzawit des Almoravides 

Née à Aghmat dans l’actuel Maroc et fille d’un riche commerçant, elle est considérée comme la femme ayant eu le pouvoir le plus important au Maghreb médiéval. Elle contribua notamment à l’expansion de la dynastie almoravide tout le long du règne de ses époux, grâce à ses connaissances stratégiques et son vif attrait pour la politique.  Ses compétences avancées lui ont d’ailleurs valu le surnom de « Magicienne ». Elle est issue de la tribu berbères des Nefzawa, tribu se trouvant en Ifriqiya méridionale où ils nomadisaient de Tripoli aux alentours de Barika.

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La femme, marqueur de domination dans l’Histoire et la littérature

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« Si la soumission sexuelle d’une femme musulmane à un homme chrétien symbolisait la conquête et la supériorité du Christianisme à l’Islam, les légendes et histoires d’Espagne s’avèrent être d’excellentes sources pour attraire à cette métaphore, maintes fois répétées. L’archétype de la jeune musulmane chaste, mentionnée dans les écrits français et anglais comme ‘Saracen princess/princesse sarrasine’, est belle et sexuellement mûre. »  The Eve of Spain: Myths of Origins in the History of Christian, Muslim, and Jewish Conflict.

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Derrière les portraits de femmes algériennes

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Regard noir, vide ou inquiet, le visage et/ou les cheveux découverts, ces photos de femmes algériennes ont largement été partagées sur les réseaux sociaux et il est très probable que vous soyez déjà tombés sur l’une d’entre elles. Ces portraits sont l’oeuvre de Marc Garanger, un photographe français qui, en effectuant son service militaire pendant la guerre d’Algérie en 1960, a été commandé de prendre plus de 2.000 clichés de femmes algériennes, destinées à des photos d’identité.

Témoignage de ce photographe sur sa série « Femmes algériennes » :

« En 1960, je faisais mon service militaire en Algérie. L’armée française avait décidé que les autochtones devaient avoir une carte d’identité française pour mieux contrôler leurs déplacements dans les villages de regroupement. Comme ils n’avaient pas de photographie civile, on me demande de photographier tous les gens des villages avoisinants : Air Terzine, Bordj Elkliriss, le Merdour, le Meghnine, Souk el Khmeris. J’ai ainsi photographié près de 2000 personnes en grande majorité des femmes à la cadence de 200 par jours. Dans chaque village, les populations étaient convoquées par le chef de poste. C’est le visage des femmes qui m’a beaucoup impressionné. Elles n’avaient pas le choix, elles étaient dans l’obligation de se dévoiler et de se laisser photographier. Elles devaient s’asseoir sur un tabouret en plein air, devant le mur blanc d’une mechta. J’ai reçu le regard à bout portant, premier témoigne de leur protestation muette, violente. Je veux leur rendre hommage. »

Le plus frappant reste que ces photos, bien que résultant de l’humiliation de femmes algériennes, soient largement partagées par des personnes issues de la diaspora algérienne —et plus généralement maghrébine— sur leurs réseaux sociaux (Twitter, Instagram, Tumblr, etc). Il serait temps que ces personnes cessent de relayer ces photos, d’en faire des montages graphiques pour enrichir leurs Instagram dans un but pseudo-artistique comme le feraient les derniers des orientalistes, et commencent plutôt à s’informer et à s’instruire sur l’histoire des clichés qu’ils apprécient avec autant de légèreté et détachement. L’humiliation n’a rien d’artistique. On peut retrouver énormément d’archives photos, de cartes postales et de peintures de femmes maghrébines faites par les français durant la période coloniale, femmes qui ont été forcées de se dévêtir/dévoiler ou qui tout simplement étaient là pour nourrir un fantasme orientaliste. Comme dit précédemment, beaucoup de membres de la diaspora maghrébine partagent fièrement ces clichés par ignorance ou indifférence.

La sexualisation et l’exotisation des femmes maghrébines n’a rien de flatteur, elle est déshumanisante et humiliante.

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