Sahara algérien : aux origines d’une vision binaire du pays

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Article en collaboration avec Inès Ali, étudiante en recherche à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, spécialisée sur la zone du Sahara.

 

Cet été, sous une canicule spectaculaire, plusieurs wilayas du sud de l’Algérie ont manifesté leur indignation sur plusieurs plans.

À Ouargla, dès juillet des militants se sont organisés afin de boycotter les soirées musicales, dénonçant le manque d’infrastructures ainsi que la mauvaise condition des habitants et en particulier des chômeurs. En septembre, les décès d’une enseignante universitaire, Aïcha Aouissat, et d’un enfant de cinq ans, Bensayeh Abderrahim, suite à des piqûres de scorpion, font remonter le souvenir de promesses non tenues. Le ministre de la santé Mokhtar Hasbellaoui réagit maladroitement en déclarant que « Le scorpion fait du mal à l’Homme lorsqu’il se sent menacé ». Cette citation amplifie l’indignation des habitants et des concernés. Plusieurs militants Ouarglis réclament un « développement global », rejoints par des manifestants originaires de Ain Salah, Touggourt, Illizi et Hassi Messaoud.

Le 18 août dernier à Djanet, dans la wilaya d’Illizi, un jeune est tué par l’Armée Nationale Populaire (ANP), accusé d’être un contrebandier refusant de coopérer. L’absence de justifications claires interpelle la population de l’oasis, qui décide de manifester les 18 et 19 août. Deux manifestants sont tués et, une énième fois, les explications des autorités ne convainquent pas la population locale. La réunion qui s’en suit entre les nobles des quartiers de Djanet et les représentants du ministère de l’intérieur, font ressurgir de vieilles rancoeurs.

À In Salah, située dans la wilaya de Tamanrasset et connue pour ses activistes luttant contre le gaz de schiste, les chômeurs ont investi les rues ce mois de septembre. Ils dénoncent la hausse du chômage, le gel d’offres d’emploi ainsi que le manque de transparence dans le processus de recrutement.

Outre cela, la ville d’In Guezzam, située à la frontière du Niger, a subit de fortes inondations ce mois d’août. Ces intempéries ont causés de nombreux dégâts, isolant la ville du reste de la région, et renforçant le sentiment de marginalisation de ses habitants. 

Certains quartiers de Tamanrasset, pourtant chef-lieu de la wilaya, sont également atteints par ces intempéries. Secoués, l’hiver dernier, par le chef traditionnel Ahmed Edaber accusant à la marginalisation de la région, cet été les habitants de la capitale du Sud subissent aussi une épidémie. D’origine inexpliquée, la maladie relance le débat du manque d’infrastructures et de l’accessibilité à l’eau potable.

L’ensemble de ces revendications ont rythmé l’été du Sahara algérien. Cette situation n’est pas exceptionnelle et, à plusieurs reprises, nombreuses ont été les villes sahariennes qui ont dû user d’émeutes, voire de luttes armées. La récurrence de ces événement soulève un malaise profond que la population saharienne reproché directement à l’État. L’histoire explique la naissance de ces ressentis, dont le sentiment d’une Algérie divisée en deux parties, dont l’une ne serait que le sous-sol d’un pays plus « légitime » : le littoral.

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La femme, marqueur de domination dans l’Histoire et la littérature

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« Si la soumission sexuelle d’une femme musulmane à un homme chrétien symbolisait la conquête et la supériorité du Christianisme à l’Islam, les légendes et histoires d’Espagne s’avèrent être d’excellentes sources pour attraire à cette métaphore, maintes fois répétées. L’archétype de la jeune musulmane chaste, mentionnée dans les écrits français et anglais comme ‘Saracen princess/princesse sarrasine’, est belle et sexuellement mûre. »  The Eve of Spain: Myths of Origins in the History of Christian, Muslim, and Jewish Conflict.

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Derrière les portraits de femmes algériennes

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Regard noir, vide ou inquiet, le visage et/ou les cheveux découverts, ces photos de femmes algériennes ont largement été partagées sur les réseaux sociaux et il est très probable que vous soyez déjà tombés sur l’une d’entre elles. Ces portraits sont l’oeuvre de Marc Garanger, un photographe français qui, en effectuant son service militaire pendant la guerre d’Algérie en 1960, a été commandé de prendre plus de 2.000 clichés de femmes algériennes, destinées à des photos d’identité.

Témoignage de ce photographe sur sa série « Femmes algériennes » :

« En 1960, je faisais mon service militaire en Algérie. L’armée française avait décidé que les autochtones devaient avoir une carte d’identité française pour mieux contrôler leurs déplacements dans les villages de regroupement. Comme ils n’avaient pas de photographie civile, on me demande de photographier tous les gens des villages avoisinants : Air Terzine, Bordj Elkliriss, le Merdour, le Meghnine, Souk el Khmeris. J’ai ainsi photographié près de 2000 personnes en grande majorité des femmes à la cadence de 200 par jours. Dans chaque village, les populations étaient convoquées par le chef de poste. C’est le visage des femmes qui m’a beaucoup impressionné. Elles n’avaient pas le choix, elles étaient dans l’obligation de se dévoiler et de se laisser photographier. Elles devaient s’asseoir sur un tabouret en plein air, devant le mur blanc d’une mechta. J’ai reçu le regard à bout portant, premier témoigne de leur protestation muette, violente. Je veux leur rendre hommage. »

Le plus frappant reste que ces photos, bien que résultant de l’humiliation de femmes algériennes, soient largement partagées par des personnes issues de la diaspora algérienne —et plus généralement maghrébine— sur leurs réseaux sociaux (Twitter, Instagram, Tumblr, etc). Il serait temps que ces personnes cessent de relayer ces photos, d’en faire des montages graphiques pour enrichir leurs Instagram dans un but pseudo-artistique comme le feraient les derniers des orientalistes, et commencent plutôt à s’informer et à s’instruire sur l’histoire des clichés qu’ils apprécient avec autant de légèreté et détachement. L’humiliation n’a rien d’artistique. On peut retrouver énormément d’archives photos, de cartes postales et de peintures de femmes maghrébines faites par les français durant la période coloniale, femmes qui ont été forcées de se dévêtir/dévoiler ou qui tout simplement étaient là pour nourrir un fantasme orientaliste. Comme dit précédemment, beaucoup de membres de la diaspora maghrébine partagent fièrement ces clichés par ignorance ou indifférence.

La sexualisation et l’exotisation des femmes maghrébines n’a rien de flatteur, elle est déshumanisante et humiliante.

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Identité et religion : le prisme arabe sur l’Histoire islamo-berbère

Totalité des voyages de l’explorateur Ibn Battuta

 

Il est clair que la religion musulmane est indissociable de la langue arabe. Ce qui pose réellement problème est la question de l’identité : comment représenter et vivre pleinement son identité (non-arabe) au sein de la communauté musulmane au sens large ?

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